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« Une fin de carrière, c'est comme un diplôme » : Guillaume Insou, du football pro à l'entrepreneuriat

Footballeur professionnel devenu chef d'entreprise, Guillaume Insou raconte sa reconversion : la blessure, la préparation pendant sa carrière, et tout ce que le sport lui a légué pour réussir ailleurs.

Beaucoup d’athlètes redoutent la même chose : le jour où le sport s’arrête, se dire « je n’ai fait que du sport, je n’ai aucune compétence pour le monde de l’entreprise ». Guillaume Insou est la preuve vivante du contraire. Ancien footballeur professionnel, il dirige aujourd’hui Regi Investissement, sa propre agence d’investissement immobilier, spécialisée pour les sportif·ve·s. Et selon lui, ce n’est pas malgré sa carrière qu’il a réussi : c’est grâce à elle.

Dans cet épisode du podcast, il revient sans filtre sur son parcours — les terrains, la blessure de trop, et la façon dont il a construit sa nouvelle vie professionnelle. Un témoignage précieux pour tous les sportif·ve·s qui se demandent « et après ? ».

Du centre de formation de Bordeaux aux terrains de National

Repéré à 13 ans, Guillaume rejoint le centre de formation de Bordeaux à 14 ans. Il y découvre « une école de la vie » autant qu’un club : la rigueur, l’hygiène de vie, la concurrence permanente.

« Le plus difficile pour les jeunes dans un centre de formation, ce n’est pas la pratique sportive en elle-même. C’est la concurrence et l’univers autour. »

Sa carrière se poursuit ensuite en semi-professionnel, de club en club, aux quatre coins de la France. Un beau parcours de haut niveau — jusqu’au jour où tout bascule.

La blessure de trop, et une fin de carrière volée

En plein sommet, lors d’un match, un tacle d’une violence extrême lui déchire la cheville : 40 points de suture, une greffe de peau, un an d’arrêt total. En fin de contrat, il n’est pas conservé. Puis, quelques années plus tard, une blessure au dos — juste avant le confinement — met un point final brutal à sa carrière. Pas de dernier match préparé, pas d’au revoir.

« Je n’ai pas eu le temps de faire le deuil de ma fin de carrière. M’être arrêté comme ça, sans un petit moment avec ma famille pour dire “c’est fini”… ça a été difficile. »

Son conseil, tiré de cette expérience : anticiper la fin, autant que possible.

« L’acter, plus ou moins. Ce jour où tu te dis “je sais que là, c’est la fin”, et t’y préparer psychologiquement. Parce que quand tu n’es pas prêt et que d’un coup c’est fini, le sport de haut niveau, c’est brutal. »

Le vrai secret : il s’est préparé pendant sa carrière

Voilà ce qui change tout dans l’histoire de Guillaume. Il n’a pas attendu la fin pour réfléchir à la suite. Année après année, il s’est formé, en profitant du temps que laisse la vie de sportif.

« Je me suis toujours dit : on ne sait jamais, il faut que je continue à voir des choses, à apprendre des choses. »

Passionné d’immobilier depuis toujours (une histoire de famille), il enchaîne les formations financées via les dispositifs pour joueurs, puis passe un BTS professions immobilières à distance tout en jouant à Colomiers — négociant avec son club des horaires aménagés et l’accès à son réseau de partenaires locaux. Avant même d’avoir un seul client, il arpente les rues de Toulouse pour connaître le marché par cœur.

Quand sa carrière s’arrête, il a déjà un pied dans sa nouvelle vie :

« J’ai lancé ma structure avec un téléphone et ma motivation. »

C’est exactement le message qu’on répète chez Athlètes Reconversion : le meilleur moment pour préparer ta reconversion, c’est pendant que tu es encore en activité. La tête est claire, la pression financière n’est pas là. Anticiper, ce n’est pas précipiter la fin — c’est arriver préparé·e, comme pour une compétition.

« J’aurais pas pu réussir sans cette carrière »

Le plus frappant, c’est à quel point Guillaume attribue sa réussite d’entrepreneur à ce que le sport lui a appris.

« J’aurais pas pu être performant dans l’immobilier aujourd’hui si je n’avais pas eu cette carrière compliquée. »

Les compétences qu’il cite ? L’adaptabilité, la force de caractère, la capacité à se remettre en question tout en gardant confiance en soi. Et le management, aussi :

« Le vestiaire, c’est le reflet de la vie. Quand je vois comment je dois diriger ma société, je revois la même chose que quand j’étais joueur. Sur l’aspect psychologique, avec une carrière de sportif de haut niveau, presque, tu as un temps d’avance. »

Il insiste aussi sur un point que connaissent bien les athlètes : on ne réussit jamais seul.

« Il ne faut pas se dire qu’on va tout réussir tout seul. Que ce soit un sport individuel ou collectif, on a besoin d’être accompagné — par un coach, par une équipe. »

Son message aux sportif·ve·s en fin de carrière

Interrogé sur le conseil qu’il donnerait, sa réponse résume tout :

« Si vous terminez une carrière, c’est comme si vous aviez un diplôme. Aujourd’hui, ce n’est pas reconnu — j’adorerais militer pour ça. Mais vous avez obtenu, avec le temps, des qualités qui dans le monde du travail sont prépondérantes, recherchées, et qui feront la différence. Alors soyez serein·e. Soyez curieux·se. Vous avez déjà un bagage fort. À vous de trouver le secteur qui vous permettra de l’exprimer au mieux. »

Trouver ce secteur, cette voie qui te ressemble et qui met en valeur tout ce que le sport t’a construit : c’est précisément le travail qu’on mène ensemble dans l’accompagnement Reconversion Gagnante.

Tu es sportif·ve de haut niveau et tu veux, toi aussi, transformer ta fin de carrière en tremplin ? Réserve ton premier appel, offert : on fait le point sur ta situation, sans engagement.


Cet article est une synthèse d’un épisode du podcast Athlètes Reconversion, animé par Mélanie Revellat. Écouter l’épisode complet.