« J'ai été obligé d'en arriver presque là pour réussir à découvrir qui je suis » : Yan Ruel, du rugby à l'immobilier
Ancien rugbyman à Montauban et en équipe de France à 7, Yan Ruel raconte sa dépression de fin de carrière et comment l'immobilier l'a aidé à se reconstruire — et à accompagner d'autres sportif·ve·s.
Il y a une peur que beaucoup de sportif·ve·s de haut niveau gardent pour eux : celle de se retrouver, du jour au lendemain, sans savoir qui ils sont en dehors du terrain. Yan Ruel l’a vécue de plein fouet. Ancien joueur à Montauban pendant dix ans et international de rugby à 7, il a dû arrêter sa carrière après une prothèse de hanche — et a traversé une dépression avant de rebondir. Aujourd’hui, il accompagne des sportif·ve·s de haut niveau dans l’investissement immobilier, via sa propre structure.
Dans cet épisode du podcast, il revient sur cette bascule brutale, sur ce qu’il aurait aimé savoir plus tôt, et sur la façon dont l’immobilier est devenu pour lui un outil de reconstruction — bien au-delà de la question financière.
Dix ans à Montauban, puis l’arrêt forcé
Yan Ruel a joué au rugby à Montauban pendant dix ans et a porté le maillot de l’équipe de France de rugby à 7. Une carrière construite comme celle de beaucoup d’athlètes de haut niveau : l’obsession de la performance, la vie organisée autour du sport, et une identité qui s’est façonnée sur les terrains.
Cette carrière s’arrête après une prothèse de hanche. Pas de plan de transition préparé, pas de projet en attente : l’arrêt tombe, et avec lui, un vide.
« Je me suis reconverti après un arrêt de carrière suite à une prothèse de hanche, du coup on est un peu tombé dans la dépression. »
La dépression, point de bascule
Ce que Yan Ruel raconte ensuite est rare en toute franchise : il ne minimise pas ce qu’il a traversé, et il en parle comme d’un passage nécessaire pour se retrouver.
« Ce qui m’a fait découvrir qui je suis, c’est la dépression. J’ai été obligé d’en arriver presque là pour réussir à découvrir qui je suis. »
Il resitue cette expérience dans un phénomène plus large, qu’il évoque à partir de son propre vécu et de son entourage sportif :
« 80% des sportifs de haut niveau font une dépression. »
Avec le recul, il identifie précisément ce qui lui a manqué : avoir pris conscience, pendant sa carrière, de qui il était et de ce qu’il avait construit — plutôt que de le découvrir après coup, dans l’urgence.
« Ma problématique, c’était qu’à 28 ans, je me demandais où j’allais. Je me suis blessé, j’ai moins joué, j’étais moins compétent, et je savais pas trop où j’allais. J’ai rattaqué les études, master, formation en immobilier, et à la fin, je l’ai fait un petit peu trop tard. »
L’immobilier comme outil de reconstruction, pas seulement de patrimoine
De cette traversée est né un projet très concret : une structure qui accompagne les sportif·ve·s de haut niveau dans l’investissement immobilier. Mais ce qui frappe dans son discours, c’est que l’immobilier n’est jamais présenté uniquement comme un placement financier. C’est un terrain d’entraînement pour la suite.
« Ça t’apprend à monter une société, à devenir entrepreneur, et à gérer des gens, et à gérer des compétences que tu n’as pas conscience d’avoir. »
Il insiste sur l’intérêt de commencer tôt, pendant la carrière, précisément pour éviter de se retrouver comme lui à 28 ans sans direction :
« Tu peux être meilleur de 28 à 32 ans parce que tu ne te poses pas la question de comment tu vas faire à 32 ans pour te reconvertir. Tu sais déjà que tu as des acquis, des petits revenus locatifs, qui font que tu es meilleur à la fin de ta carrière — et tu te reconvertis encore mieux, avec plus de confiance, plus de sérénité. »
Et il n’édulcore pas non plus la difficulté du chemin : réussir un premier investissement immobilier demande, selon lui, la même exigence que réussir une carrière sportive.
« C’est presque plus facile d’être sportif de haut niveau que de faire correctement son premier investissement immobilier. »
Le réseau, la délégation, et sortir de sa bulle
Un fil conducteur traverse tout l’échange : la difficulté, pour un·e athlète, à sortir de l’entre-soi du sport de haut niveau. Yan Ruel décrit une “bulle” protectrice pendant la carrière, utile pour performer, mais qui devient un piège au moment de la reconversion si on ne l’a pas anticipé.
« On se met dans une bulle pour être compétent. Et du coup on ne prend pas conscience… Et quand on sort de cette bulle, des fois on se dit waouh, c’est grand, c’est large, comment je vais faire. »
Sa réponse : construire un réseau en dehors du sport pendant qu’on est encore dedans, et ne pas avoir peur de déléguer ou de s’associer avec des gens plus compétents sur ce qu’on ne maîtrise pas.
« Si t’as pas de réseau, c’est compliqué. […] Réussir à sortir de son écosystème et réussir à aller voir des gens qui font des choses. C’est hyper simple d’aller voir des gens qui font des choses autour de chez toi. »
Il va jusqu’à recommander un exercice très concret pour clarifier son identité pendant la carrière plutôt qu’après : l’ikigai. Le sien, fait pendant son master, faisait déjà apparaître les mots qui allaient dessiner sa suite : valeur, sport, reconversion, immobilier, coaching.
Son conseil : préparer pendant, pas après
Si un message ressort de cet échange, c’est celui-ci : la prise de conscience de ce qu’on a construit comme sportif·ve ne devrait pas attendre la fin de carrière — et encore moins un passage à vide pour se déclencher.
« Il faut, pendant que tu fais du sport, en prendre conscience. C’est ça le problème : quand tu fais du sport, j’étais en plein dedans, mais j’en ai pas pris conscience. Ou j’en ai pris conscience trop tard. Et je m’en suis voulu. »
C’est exactement la logique derrière l’accompagnement Reconversion Gagnante : ne pas attendre le dernier match, la dernière saison ou la blessure de trop pour commencer à se poser les bonnes questions. Prendre le temps, pendant que tu es encore en activité, de comprendre qui tu es, ce que ton sport t’a construit, et vers quel projet tu veux aller.
Tu es sportif·ve de haut niveau et tu veux, toi aussi, anticiper ta reconversion plutôt que la subir ? Réserve ton premier appel, offert : on fait le point sur ta situation, sans engagement.